Lyon, ville UNESCO
Façonnée par sa situation stratégique au confluent du Rhône et de la Saône, la ville de Lyon s’est considérablement développée au fil des siècles. Elle offre aujourd'hui un témoignage urbain exceptionnel, dont la richesse culturelle et historique s'est déployée de l'Ouest vers l'Est sur plus de deux mille ans.
Son évolution se lit à travers ses différents quartiers, véritables strates temporelles de la deuxième métropole de France :
La colline de Fourvière : berceau de l'Antiquité gallo-romaine.
Le Vieux-Lyon : cœur vibrant du Moyen-Âge et de la Renaissance.
La Presqu'île : vitrine des époques haussmannienne et industrielle.
La Part-Dieu : symbole de l'ère contemporaine et du rayonnement moderne de la cité.
Le patrimoine de Lyon se décline en quatre grandes catégories :
Patrimoine immobilier : Immeubles et monuments emblématiques tels que l’Hôtel de Ville, l’ancien Palais de Justice et la Basilique de Fourvière, véritable symbole de la cité.
Patrimoine mobilier : Objets historiques et archives, à l'image de la fontaine Bartholdi, l’horloge astronomique de la Cathédrale Saint-Jean, la statue de Louis XIV ou encore la célèbre marionnette Guignol.
Patrimoine immatériel : Traditions et savoir-faire uniques comme la soierie, les vogues (fêtes foraines locales) et la gastronomie lyonnaise.
Patrimoine funéraire : Cimetières et mémoriaux, notamment le cimetière de Loyasse où reposent de nombreuses célébrités locales.
Dans les années 1960, en plein cœur des “Trente Glorieuses”, le patrimoine lyonnais est gravement menacé par l'avènement du “tout-voiture” et une urbanisation massive. Le maire de l'époque, Louis Pradel, orchestre une transformation radicale de la ville.
On lui doit la modernisation de Lyon à travers de grands chantiers : le quartier d'affaires de la Part-Dieu, l'échangeur de Perrache, le tunnel de Fourvière, le quartier de la Duchère, le métro ainsi que de nombreux parkings souterrains et sur les berges. Cette frénésie de construction lui vaudra les surnoms de “Zizi Béton” ou de “démolisseur” par ses opposants. Sous sa direction, la rue Mercière est profondément modifiée, et le Vieux-Lyon frôle la démolition totale pour laisser place à un projet de boulevard périphérique.
La survie du Vieux-Lyon est le fruit d'une forte mobilisation citoyenne, portée par l'association Renaissance du Vieux-Lyon et son dirigeant, le journaliste Régis Neyret.
1962 (La préservation) : Grâce au soutien d'André Malraux (ministre de la Culture), la loi sur les secteurs sauvegardés est appliquée, sauvant provisoirement le quartier.
1995 (L'ambition) : Régis Neyret propose au maire Raymond Barre de candidater au patrimoine mondial de l’UNESCO (organisation née en 1945 et protectrice du patrimoine depuis 1962).
Le dossier : Initialement centré sur le Vieux-Lyon, le dossier est étoffé avec les quartiers de Fourvière, de la Croix-Rousse et de la Presqu'île Nord pour maximiser ses chances.
5 décembre 1998 (Le sacre) : Lyon est officiellement inscrite à l'UNESCO en raison de sa « valeur universelle exceptionnelle ». Elle est alors célébrée comme l'une des plus belles villes du monde et s'impose, juste derrière Paris, comme la capitale de toutes les cultures (soierie, gastronomie, skateboard, histoire gallo-romaine...).
Aujourd'hui, le label « ville UNESCO » est le moteur du développement économique et touristique de la ville.
Une gestion encadrée : Le Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur (PSMV), initié dès 1964 par l’UNESCO, encadre strictement la rénovation des monuments historiques majeurs comme l’Opéra de Lyon ou le Grand Hôtel-Dieu.
Lyon a également intégré le réseau des « villes UNESCO » en 2004. Elle se distingue par son expertise dans l'art numérique, concrétisée par le Plan Lumière et la version moderne de la Fête des Lumières.
Cette attractivité culturelle, portée par des festivals majeurs (les Nuits de Fourvière, le Festival Lumière, la Biennale de Lyon, Quais du Polar), a permis à Lyon d'être sacrée Meilleure destination touristique en 2021.
Lyon a su préserver son histoire tout en la modernisant. Ce rayonnement international est largement facilité par l'Aéroport Lyon Saint-Exupéry, qui connecte la ville à plus de 115 destinations en moins de deux heures.